Convocation à l'ASE : préparer l'entretien

Vous avez reçu une convocation

Un entretien se prépare, il ne se subit pas

Un courrier de l'aide sociale à l'enfance vous fixe un rendez-vous, et la première question qui vient est presque toujours la même : suis-je obligé d'y aller, et qu'est-ce qu'on va me demander de signer ? Cette page répond aux deux, textes à l'appui, et distingue clairement ce qui relève du cadre administratif de ce qui relève du juge des enfants — car les règles n'y sont pas du tout les mêmes.

L'essentiel en 5 points

  • Sur le périmètre des codes vérifiés, aucun texte ne rend obligatoire la présence à une convocation administrative de l'ASE et aucune sanction n'y est attachée. Le seul mécanisme prévu en l'absence d'accord est la saisine de l'autorité judiciaire (art. L. 223-2 et L. 226-4 CASF).
  • Vous pouvez être accompagné de « la personne de votre choix, représentant ou non une association » dans vos démarches auprès du service (art. L. 223-1, alinéa 2, CASF).
  • Une mesure d'aide à domicile suppose votre accord écrit et ne peut être prise pour une durée supérieure à un an, renouvelable dans les mêmes conditions (art. L. 223-2 et L. 223-5 CASF).
  • Toute décision d'attribution, de refus ou de modification d'une prestation doit être motivée, et sa notification doit mentionner les délais et modalités des voies de recours (art. R. 223-2 CASF).
  • La convocation du juge des enfants, elle, est contraignante : depuis le 1er décembre 2025, une amende civile ne pouvant excéder 7 500 euros peut être prononcée en cas d'absence sans motif légitime (art. 375-1 du code civil).

Une convocation de l'ASE n'est pas une convocation de justice

Première précision, parce qu'elle change la lecture du courrier : sur le périmètre des codes consultés, aucun texte ne rend obligatoire la présence à une convocation administrative de l'aide sociale à l'enfance, et aucune sanction pénale, administrative ou financière n'y est attachée. C'est un constat d'absence de texte — pas une invitation à ignorer le courrier, et surtout pas une règle transposable à la convocation du juge des enfants, qui obéit à un tout autre régime.

Les textes prévoient en revanche un mécanisme de bascule. Une mesure décidée dans le cadre administratif suppose l'accord écrit des représentants légaux ; si cet accord est refusé alors qu'il pouvait être donné, le service saisit l'autorité judiciaire (art. L. 223-2 CASF). Le refus d'accepter l'intervention du service figure d'ailleurs parmi les conditions qui conduisent le président du conseil départemental à aviser le procureur de la République (art. L. 226-4 CASF). Les règlements départementaux d'aide sociale varient d'un département à l'autre, mais ils ne peuvent créer ni obligation de comparution, ni sanction, sans base légale.

Si la date ne vous convient pas, répondez par écrit et proposez-en une autre. Un courrier daté vaut mieux qu'un silence : il montre que vous êtes joignable, et il laisse une trace. Nous ne vous dirons pas depuis une page web s'il faut ou non s'y rendre : cela dépend de votre situation.

Ce que vous pouvez demander, avant et pendant l'entretien

Pour le reste, la préparation tient à peu de choses. Notez à l'avance ce que vous voulez dire et demander, apportez les pièces qui documentent votre situation — suivi médical, scolarité, attestations, courriers échangés —, et prenez vos propres notes pendant l'entretien : date, personnes présentes, points abordés, propositions faites.

L'aide à domicile : ce qu'on peut vous proposer

L'aide à domicile est attribuée sur demande, ou avec l'accord, du père, de la mère ou de la personne qui assume la charge effective de l'enfant, lorsque la santé de celui-ci, sa sécurité, son entretien ou son éducation l'exigent. Elle comporte, ensemble ou séparément : l'action d'un technicien de l'intervention sociale et familiale ou d'une aide ménagère, un accompagnement en économie sociale et familiale, l'intervention d'un service d'action éducative, et le versement d'aides financières (art. L. 222-2 et L. 222-3 CASF).

Aucun texte ne fixe de délai de réflexion avant de signer. Rien ne vous empêche en revanche de demander que les points flous soient précisés — objectifs, durée, fréquence, personnes chargées du suivi. Gardez les deux faces de la règle en tête : l'accord est libre, et son refus ouvre la voie à une saisine de l'autorité judiciaire.

Demander votre dossier

Les documents administratifs détenus par l'administration sont communicables à ceux qui les demandent, et la demande n'a pas à être motivée (art. L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration). Vous choisissez le mode d'accès, dans la limite des possibilités techniques du service : consultation gratuite sur place, copie à vos frais sans excéder le coût de reproduction, ou envoi par courriel si le document existe sous forme électronique (art. L. 311-9). Un refus doit être écrit, motivé, et indiquer les voies et délais de recours (art. L. 311-14).

Si le juge des enfants est saisi

Le passage au judiciaire suit un circuit précis : le président du conseil départemental avise le procureur de la République, et c'est le procureur qui saisit le juge des enfants. Les parents peuvent d'ailleurs, eux aussi, saisir ce juge (art. 375 du code civil). Point récent : depuis le 1er décembre 2025, les parents sont tenus de déférer aux convocations aux audiences et auditions du juge des enfants, qui peut condamner à une amende civile — 7 500 euros au maximum — ceux qui, sans motif légitime, n'y ont pas déféré (art. 375-1 du code civil). L'appréciation du motif légitime relève du juge.

Dès qu'une procédure judiciaire s'ouvre, un avocat devient réellement utile. Aucun texte n'accorde l'aide juridictionnelle de plein droit aux parents en assistance éducative : le régime de droit commun s'applique, sous conditions de ressources. À noter : une loi du 13 juillet 2026 rendra l'assistance d'un avocat obligatoire pour le mineur, intégralement prise en charge, à compter du 6 janvier 2027 — ce n'est pas le droit applicable aujourd'hui.

Préparation d'un entretien avec l'aide sociale à l'enfance

Comment on prépare l'entretien avec vous

On lit le courrier ensemble. Un courrier de l'ASE dit rarement tout : il faut identifier le cadre (administratif ou judiciaire), ce qui est demandé, et ce qui sera probablement proposé à l'issue. Cette lecture change complètement la façon d'y aller.

On prépare le fond, pas seulement la posture. Ce que vous voulez dire, les pièces qui documentent votre situation, les questions à poser sur la durée, les objectifs et les modalités d'une mesure éventuelle : un entretien préparé se passe autrement qu'un entretien subi.

On peut vous accompagner sur place. Le texte prévoit expressément que vous pouvez être accompagné de la personne de votre choix, représentant ou non une association. Et si la situation bascule vers le judiciaire, nous vous orientons vers des avocats qui exercent en assistance éducative.

Les questions qu'on nous pose souvent

Vos questions sur la convocation à l'ASE

Les questions que les parents nous posent dans les jours qui suivent la réception d'une convocation.

Questions fréquentes — Convocation à l'ASE
Suis-je obligé de me rendre à cette convocation ?

Sur le périmètre des codes vérifiés, aucun texte ne rend obligatoire la présence à une convocation administrative de l'ASE, et aucune sanction n'y est attachée. Ce constat ne vaut pas conseil : le refus d'accepter l'intervention du service figure parmi les conditions qui conduisent à aviser le procureur de la République (art. L. 226-4 CASF). Les deux informations comptent, et l'arbitrage dépend de votre situation.

Je ne peux pas y aller à la date indiquée, que faire ?

Répondez par écrit, expliquez pourquoi et proposez une autre date. Vous conservez ainsi une trace datée de votre disponibilité, ce qui est très différent d'un silence aux yeux du service comme, plus tard, aux yeux d'un juge.

Puis-je venir accompagné ?

Oui. Le texte prévoit que vous pouvez être accompagné de « la personne de votre choix, représentant ou non une association », dans vos démarches auprès du service (art. L. 223-1, alinéa 2, CASF). Le service peut proposer également un entretien individuel, mais cette faculté ne supprime pas votre droit.

On va me faire signer quelque chose : dois-je signer sur place ?

Hors décision judiciaire, une mesure suppose votre accord écrit : sans cet accord, elle ne peut pas être mise en place (art. L. 223-2 CASF). Aucun texte ne fixe de délai de réflexion, mais rien ne vous empêche de demander des précisions avant de signer — le formulaire doit d'ailleurs mentionner la nature et la durée de la mesure, les personnes chargées du suivi et les conditions de révision (art. R. 223-4 CASF). Sachez seulement qu'un refus ouvre la voie à une saisine de l'autorité judiciaire.

Combien de temps peut durer la mesure qu'on me propose ?

Hors décision judiciaire, aucune mesure ne peut être prise pour une durée supérieure à un an, renouvelable dans les mêmes conditions (art. L. 223-5 CASF). La durée exacte doit figurer sur le formulaire d'accord.

Comment obtenir le dossier qui me concerne ?

Par une demande écrite au service, qui n'a pas à être motivée (art. L. 311-1 du CRPA). Le silence pendant un mois vaut refus, et vous avez ensuite deux mois pour saisir la CADA, préalable obligatoire à un recours devant le juge administratif. Certaines mentions peuvent être occultées, et les pièces élaborées dans le cadre d'une procédure judiciaire échappent à ce droit d'accès. L'interlocuteur et les délais réels varient d'un département à l'autre.

Est-ce que cela veut dire que le juge va être saisi ?

Non, ce n'est pas automatique. Le président du conseil départemental avise le procureur de la République dans des cas précis : aides déjà mises en œuvre sans résultat, aides impossibles à mettre en place faute d'accord ou de collaboration, danger grave et immédiat, ou impossibilité d'évaluer la situation (art. L. 226-4 CASF). Un entretien administratif n'est, en lui-même, aucune de ces situations.

Le juge des enfants m'a convoqué : est-ce la même chose ?

Non, et c'est la différence la plus importante de cette page. Depuis le 1er décembre 2025, les parents sont tenus de déférer aux convocations aux audiences et auditions du juge des enfants, qui peut prononcer une amende civile ne pouvant excéder 7 500 euros en cas d'absence sans motif légitime (art. 375-1 du code civil). À ce stade, faites-vous assister par un avocat : vous pouvez en choisir un ou demander au juge que le bâtonnier vous en désigne un d'office.

Textes et sources · vérifiés le 11 août 2026

Cœurs d'Enfants oriente et accompagne les familles dans leurs démarches. L'association ne se substitue ni au rectorat, ni aux services du département, ni à un avocat. Les textes évoluent : vérifiez toujours la date de mise à jour de cette page et, en cas de procédure engagée, faites-vous accompagner.

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